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Saint-Georges Patrimoine : les gardiens des perrés de Port Rivière à l’œuvre

Depuis plusieurs années, les bénévoles de Saint-Georges Patrimoine restaurent patiemment les perrés de Port Rivière. Un chantier de longue haleine mené dans un cadre exceptionnel, où savoir-faire, convivialité et amour du patrimoine vont de pair.

À la fraîche, au bord de la Saône

Mardi 16 juin, alors que beaucoup de Reneimois commençaient à peine leur journée, les bénévoles de Saint-Georges Patrimoine étaient déjà à pied d’œuvre sur les perrés de Port Rivière. Dès 7 heures du matin, profitant de la fraîcheur des premières heures, huit bénévoles avaient repris leur patient travail de restauration au bord de la Saône.

Invités par Christian Dugelay, président de l’association, nous avons eu le privilège de découvrir les coulisses de ce chantier hors du commun. Et quel cadre ! Depuis les perrés, le regard se promène entre les eaux paisibles de la Saône et les multiples nuances de vert qui habillent ses berges. Un paysage magnifique que l’on redécouvre à chaque visite.

Car si le décor invite à la contemplation, la tâche qui attend les bénévoles est immense. Les perrés de Port Rivière s’étendent sur près de 1 600 mètres. Christian Dugelay a fait ses calculs : au rythme actuel des travaux, il estime qu’il faudra encore environ huit années pour achever la restauration complète de l’ensemble.

Construits au début du XIXᵉ siècle, les perrés témoignent de l’histoire de l’aménagement des berges de la Saône et de la relation ancienne entre la commune et son fleuve. Plus de deux siècles plus tard, ils continuent de structurer le paysage et font aujourd’hui l’objet d’une attention toute particulière.

Après l’effort, le réconfort ! À Port Rivière, la pause de 9 heures est une institution.

Charcuterie, bonne humeur, anecdotes de chantier et de quoi se désaltérer sont au menu ! 

Un esprit de compagnonnage

Le chantier fonctionne dans un véritable esprit de compagnonnage nous confie Christian. À chaque intervention, huit bénévoles se répartissent les tâches, chacun apportant son expérience, ses outils et sa bonne humeur au service du patrimoine local.

Et puisqu’il faut bien prendre des forces, les pauses semblent être prises aussi sérieusement que le travail ! Café et viennoiseries au petit matin, casse-croûte de 9 heures autour de la charcuterie, puis repas partagé à midi : les bénévoles savent joindre l’utile à l’agréable !

L’association ne manque d’ailleurs pas de prendre soin de ses bénévoles. Le soleil commençait à se faire insistant sur les berges de la Saône ? Qu’à cela ne tienne ! En quelques minutes, un auvent était installé pour protéger les membres de l’association !

À l’ombre, les mains s’activent. On jointe, on ajuste, on fignole. Pierre après pierre, les gardiens des perrés poursuivent leur patient travail de restauration.

Et il faut dire que tout le monde n’est pas ressorti totalement intact de la matinée…

Le préposé au nettoyeur haute pression, pourtant bien installé au départ, s’est retrouvé rapidement « relooké » version chantier : totalement crépi dès 9 heures du matin, entre projections de terre et éclaboussures bien ciblées. Une immersion totale dans les perrés, pourrait-on dire !

Une nouvelle méthode qui change tout

Cette année marque une petite révolution dans l’organisation du chantier !

Jusqu’à présent, une grande partie du temps était consacrée à retirer manuellement les importantes quantités de terre accumulées contre les perrés au fil des années. Une opération longue, physique et particulièrement fastidieuse.

Désormais, cette première étape est réalisée grâce à une pelle mécanique. Aux commandes : Michel Piret, des Services Techniques municipaux.

L’association ne tarit pas d’éloges à son sujet. Car dégager les pierres sans les endommager demandait une grande précision. Bravo Michel ! Mission accomplie. Grâce à son intervention, les bénévoles gagnent un temps considérable et peuvent se consacrer plus rapidement aux travaux de restauration.

Une fois la terre retirée, le chantier peut véritablement commencer.

Démonstration de la méthode utilisée avant l’intervention de la pelle mécanique par les membres de l’association par Christian himself !

Un travail manuel, long et fastidieux, qui prenait beaucoup de temps réalisé à l’aide de cet outil à 3 dents et racloir dont on a déjà oublié le nom !

Une restauration étape par étape

Tout débute par un nettoyage approfondi afin d’éliminer les derniers résidus de terre.

Vient ensuite la lutte contre les mauvaises herbes. Et elles sont particulièrement coriaces ! Certaines parviennent à s’infiltrer dans le moindre interstice entre les pierres. Elles sont brûlées puis éliminées afin de limiter leur repousse.

Une portion de perrés remise au jour grâce au passage de la pelle mécanique. Il reste encore quelques mauvaises herbes à éliminer avant de poursuivre la restauration.

Christian Dugelay à l’œuvre pour éliminer les mauvaises herbes au gaz. Une étape indispensable pour nettoyer les interstices entre les pierres et préparer la suite du travail de restauration des joints.

Autre nouveauté cette année concernant le nettoyage au nettoyeur haute pression. L’eau utilisée est directement pompée dans la Saône, évitant ainsi toute consommation d’eau potable ! 

Après le passage du nettoyeur haute pression et l’élimination des mauvaises herbes, les bénévoles s’attaquent ensuite aux joints entre les pierres. L’objectif est d’en retirer le maximum de racines afin d’éviter qu’elles ne fragilisent la structure. Meuleuse en main, Jean-Claude intervient sur les zones les plus tenaces avant que ne débute le rejointoiement.

Le mortier est alors préparé puis appliqué avec soin. Chacun a son rôle. Christine réalise les finitions à l’aide d’un simple couteau de peintre tandis que Josiane passe ensuite l’éponge naturelle pour donner aux jointures leur aspect définitif. Un travail de précision qui demande patience, expérience et minutie.

On mélange, on pose, on ajuste et on fignole jusqu’à obtenir un résultat aussi discret qu’efficace.

Les portions restaurées l’an dernier ont parfaitement résisté au temps. Preuve que le travail minutieux des bénévoles porte ses fruits.

Quand le patrimoine refait surface

La restauration réserve parfois de belles surprises.

En retirant les couches de terre accumulées au fil des décennies, les bénévoles redécouvrent des éléments du patrimoine qui avaient totalement disparu du paysage.

Cette année encore, un ancien escalier a ainsi refait surface !

Avis aux tailleurs de pierre !

Au fil du chantier, quelques mauvaises surprises apparaissent parfois : certaines pierres, trop dégradées, ne pourront pas être simplement reprises et devront être remplacées.

Saint-Georges Patrimoine lance donc un appel : si un tailleur de pierre amoureux du patrimoine local souhaite mettre son savoir-faire au service de ce chantier, il sera accueilli avec grand plaisir.

Alors si vous connaissez la perle rare, l’association est preneuse !

Encore huit années de chantier en perspective

Lorsque l’on apprend qu’il faudra probablement encore près de huit années pour restaurer l’ensemble des perrés, on pourrait imaginer une équipe découragée par l’ampleur de la tâche.

Il n’en est rien.

Au fil des interventions, les bénévoles de Saint-Georges Patrimoine poursuivent leur ouvrage avec la même énergie. Leur engagement permet peu à peu aux perrés de retrouver leur visage d’origine, tandis que certains éléments oubliés du site réapparaissent au grand jour.

Un travail patient, souvent discret, mais essentiel pour transmettre ce patrimoine aux générations futures.

Rendez-vous dans quelques années pour mesurer le chemin parcouru. D’ici là, les gardiens des perrés seront encore à l’œuvre… dès 7 heures du matin, à la fraîche.