Depuis plusieurs semaines, la fermeture de la piscine de Belleville et les solutions envisagées pendant la durée des travaux suscitent de nombreuses interrogations.
De nombreux Reneimois ont sollicité les élus municipaux afin d’obtenir des informations sur les conséquences de cette fermeture, tant pour les écoles que pour les associations, les clubs sportifs et les usagers de la piscine.
Lors des deux derniers conseils communautaires, Blandine Bamet Monfray, adjointe en charge de la Jeunesse et membre de la commission Sports/Piscine de la Communauté de Communes Saône-Beaujolais (CCSB), est intervenue en questions diverses afin de relayer ces inquiétudes. Très sollicitée par les habitants sur ce sujet, elle a souhaité porter leur voix au sein de l’assemblée communautaire.
Retrouvez ci-dessous son intervention prononcée lors du conseil communautaire du jeudi 9 juillet :
Questions diverses :
Je ne vais pas vous parler de foot (référence au match de l’équipe de France du soir même), mais plutôt de la piscine.
Je suis une nouvelle fois surprise que ce sujet ne soit pas à l’ordre du jour de ce conseil communautaire. Il ne l’était d’ailleurs pas non plus lors de la commission Sports/Piscine du 24 juin dernier, ce qui est plutôt étonnant compte tenu du caractère particulièrement sensible de ce dossier… à moins que cela soit volontaire.
Je sais que tout semble déjà décidé. Je pense sincèrement que vous ne souhaitez pas revenir sur ce sujet. Mais cette intervention aura au moins le mérite de me soulager et, surtout, de donner une voix aux habitants de la CCSB.
Vous l’avez bien compris, le sujet que je souhaite remettre sur la table est celui des différents scénarios envisagés pendant les travaux de la piscine.
Je tiens toutefois à nuancer mes propos en remerciant la CCSB de chercher des solutions plutôt que de ne proposer aucun service.
Cependant, je suis très en colère, et ce pour deux raisons.
Premièrement : la forme.
Lors du dernier conseil communautaire du 28 mai, je suis intervenue en questions diverses à la suite de la pétition du Triton Club que j’avais vue circuler sur les réseaux sociaux. Je vous ai interrogés sur ce qu’il allait se passer.
Vous m’avez répondu que différentes possibilités étaient à l’étude et qu’il serait peut-être nécessaire d’interroger les communes sur les effectifs, les besoins, etc.
Après plusieurs questions, nous avons clos le sujet et je t’ai dit cette phrase, Jacky :
« Si j’ai bien compris, les différents scénarios seront présentés lors d’un prochain conseil communautaire, nous en débattrons et nous voterons ? »
À cette question, tu m’as répondu :
« Oui, tout à fait. »
Je suis donc repartie de cette réunion plutôt satisfaite, avec le sentiment que le débat aurait lieu et que nous prendrions collectivement une décision.
Mais le mardi 2 juin, soit seulement cinq jours après le conseil communautaire, les différentes possibilités ont été présentées au Conseil des maires. Un projet déjà bien ficelé, avec des comparatifs et des éléments d’aide à la décision. Ce qui semblait encore être à l’état d’étude cinq jours auparavant était en réalité déjà prêt.
Puis, le 24 juin, lors de la commission Sports/Piscine, en présence de 48 élus, la première diapositive rappelait que
« les commissions travaillent sur les sujets et le conseil communautaire prend les décisions par un vote ».
Pourtant, le sujet de la piscine n’était même pas à l’ordre du jour et n’a été évoqué qu’en questions diverses.
Lors de cette réunion, j’ai déjà exprimé mon mécontentement sur ce qui s’était passé. Anita Pocholle est alors intervenue pour rappeler que le Conseil des maires est un organe délibérant et qu’il peut prendre une décision.
Je ne remets absolument pas cela en cause.
En revanche, je remets en cause ce qui nous a été annoncé et promis, et qui n’a finalement pas été respecté.
Je suis donc très en colère, déçue et même écœurée.
À quoi servons-nous, en tant que conseillers communautaires, si les débats et les votes annoncés n’ont finalement pas lieu ?
Avez-vous peur de mettre ce sujet sur la table et que le résultat du vote n’aille pas dans votre sens ?
Deuxièmement : le fond.
Vous avez, à priori, présenté un comparatif de coûts lors du Conseil des maires, comparatif que je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de consulter.
Mais de ce que j’en comprends, vous comparez le coût d’un bassin provisoire – qui pourrait pourtant bénéficier aux écoles, au Triton Club et à d’autres utilisateurs – avec le seul coût des trajets et des créneaux de piscine pour les écoles.
Autrement dit, vous oubliez complètement une partie des utilisateurs et, forcément, la balance penche du côté des déplacements vers une autre piscine.
J’ai bien compris que vous souhaitiez raisonner uniquement sous l’angle des écoles et écarter totalement le Triton Club de cette réflexion.
Pourtant, lors de la commission Sports, nous n’avons cessé de répéter que nous étions tous solidaires de nos clubs et de nos associations communales, qui constituent un tissu associatif précieux pour nos habitants. Or, avec cette décision, c’est bien un club que nous risquons de mettre en grande difficulté.
Le Triton Club va très certainement connaître une baisse importante de ses adhérents, donc une diminution significative de ses recettes. Dans le même temps, il devra supporter une hausse de ses charges : location de lignes d’eau à Mâcon ou ailleurs, coûts de transport supplémentaires, etc.
Il n’est pas nécessaire d’avoir fait de grandes études de gestion pour comprendre qu’en diminuant les recettes et en augmentant les dépenses pendant deux ans et demi – si tout se passe bien – un club ne pourra pas tenir.
Nous avons la chance d’avoir au sein de l’exécutif de la CCSB, a minima 2 personnes très impliquées dans la vie de la natation en les personnes de Frédéric Ponchéry, ancien président du Triton Club, il me semble, et Stéphane Bonna actuellement directeur de Lyon Métropole natation et je pense qu’ils ne pourront pas dire le contraire sur le devenir du club.
J’ai cru comprendre que des discussions étaient en cours pour accompagner le club, probablement sous la forme d’une subvention. Cela me paraît indispensable si nous souhaitons réellement que cette association survive… à moins que l’objectif soit, finalement, qu’elle disparaisse.
Mais si une subvention est envisagée, alors elle doit impérativement être intégrée au comparatif financier face au coût d’un bassin provisoire. Et, à priori, cela n’était pas le cas.
Au-delà de l’aspect financier, deux autres points sont totalement occultés.
Le premier est l’impact environnemental.
Nous sommes des communes et une communauté de communes qui affichent des ambitions fortes en matière de transition écologique. Nous cherchons à réduire notre empreinte carbone et à encourager les bonnes pratiques environnementales.
Et pourtant, cela ne semble gêner personne de faire circuler quotidiennement des bus jusqu’à Mâcon ou ailleurs pour permettre aux enfants d’aller à la piscine et aux nageurs de s’entraîner.
Le second, et pour moi le plus important, est l’impact humain.
Jacky, lors de l’installation de ce nouveau mandat, tu as rappelé que nous étions une communauté de communes à taille humaine.
Je ne comprends donc pas qu’une telle décision puisse être prise sans mesurer toutes ses conséquences.
Je côtoie les écoles tous les jours en tant que maman et il ne se passe pas une semaine sans que l’on me parle de la piscine. Les familles sont inquiètes, tant pour les cours des élèves de CP et CE1 que pour l’avenir du Triton Club.
J’ai participé au dernier conseil d’école de Saint-Georges et j’ai été interpellée par des parents sur ce sujet. J’avais d’ailleurs préparé cette question en contactant le DDEN de la circonscription de Belleville afin d’avoir des éléments de réponse.
Lorsque j’ai présenté les solutions envisagées, notamment le passage de séances filées à des séances massées pour les élèves de Saint-Georges, plusieurs enseignants ont exprimé leur surprise. Je sais même que certains ne souhaiteront pas partir une journée entière avec leurs élèves, même si je reconnais personnellement que les séances massées peuvent avoir des avantages pédagogiques.
Je pense également aux personnes plus âgées qui pratiquent l’aquagym ou d’autres activités aquatiques. Elles n’iront pas à Mâcon ou ailleurs pour poursuivre leurs séances. Pourtant, nous avons tous rappelé, lors de la commission Sports, l’importance de l’activité physique pour le bien-être et la santé. Ces personnes seront directement pénalisées.
Enfin, je pense à tous ces jeunes sportifs de haut niveau qui concilient déjà difficilement études et pratique sportive intensive. Avec des temps de trajet importants et des entraînements plus tardifs, leur rythme de vie deviendra extrêmement contraignant.
Pensez-vous sincèrement que toutes les familles pourront suivre ?
Voilà ce que je souhaitais vous dire.
Comme vous l’aurez compris, je suis profondément en colère sur ce sujet.
Et je tiens à préciser, avant que certaines mauvaises langues ne s’expriment, que je ne suis le pantin de personne. Je suis allée chercher moi-même ces informations auprès de différentes sources et je n’ai absolument aucun intérêt personnel à défendre ce dossier.
Je ne fréquente plus la piscine de Belleville depuis mes années d’école élémentaire. Mes deux enfants entrent en CE2 et en CM2 ; ils ont déjà bénéficié de leurs séances de natation et ils pratiquent le rugby, pas la natation.
Mon intervention est donc uniquement guidée par l’intérêt général.
Je demande simplement que l’on compare ce qui est comparable et que toutes les conséquences de cette décision soient réellement prises en compte.
Je vous remercie pour votre écoute.
La réponse de la CCSB
En réponse, le président de la Communauté de Communes Saône-Beaujolais a reconnu qu’un manque d’information avait probablement existé au cours de ce dossier. Il a toutefois confirmé que la solution consistant à installer un bassin provisoire n’était pas retenue, celle-ci n’étant pas considérée comme raisonnable.
Même si cette intervention ne changera pas l’issue de la décision, il nous semblait important de vous informer que nous avons porté vos préoccupations et tenté de faire entendre votre voix au sein de la CCSB.
